Petit bilan d’une année de capes et d’épées

Contexte

Il y a un peu plus d’un an, nous étions confinés pour la première fois et je décidai de faire jouer un scénario de cape et d’épée sur roll20 avec quelques joueurs de mon club de JDR. Les joueurs étant enthousiastes, on a enchaîné quelques scenarii qui se sont vite transformés en campagne. Un second acte a fini par se rajouter à la campagne, histoire d’allonger la sauce. Les personnages ont donc commencé comme simples porte-épées à la petite semaine pour finir comme mousquetaires de la garde de la maison royale, déjouant un complot d’envergure nationale. Bref, une année entière de capes et d’épées à raison d’une séance toutes les 2-3 semaines.

Cadre de jeu

Le XVIIème siècle fantasmé de Mordiou!, où l’on mélange volontairement les règnes Louis XIII et Louis XIV, permet de décomplexer meneur et joueurs vis à vis de l’Histoire et de son grand H. De plus, il réussit l’exploit d’être facile à appréhender tout en posant un cadre inspirant pour moult intrigues. Sans oublier quantité de détails sur les us et coutumes de la vie parisienne de l’époque.

Ça nous a permis de démarrer sur le pouce sans prise de tête avec les scenarii proposés, « lettres volées » et « l’héritage du Duc » . Puis j’ai fait joué une affaire de mon cru. Et finalement tout ça s’est terminé en campagne bac à sable autour de la Cour des Miracles. Et comme les joueurs m’en ont demandé encore, j’ai proposé un nouveau bac à sable autour d’un complot du parti bigot visant à déstabiliser le Cardinal et la Couronne. Bref, Mordiou! nous a mis le pied à l’étrier et on aurait jamais cru galoper aussi loin dans l’aventure. Ce cadre de jeu minimaliste en a sous le capot en terme d’inspiration !

Système de jeu

Cette campagne a été motorisée par 2 systèmes de jeu : Mordiou! du Grümph chez Chibi pour les premiers scenarii et le début de la campagne, puis Noblesse Oblige d’Hasgard et Luke Wayland.

Mordiou! propose un système simple à prendre en main à base de D6, bien qu’un peu déstabilisant au début. Les joueurs ont mis du temps à s’habituer au fait de devoir lancer les dés avant de déterminer les actions que leurs personnages allaient effectuer. Idem avec la gestion de la défense pendant les escarmouches. Puis une fois qu’ils s’y sont fait, le système s’est rapidement essoufflé. Les joueurs sont devenus feignants dans leurs approches et leurs descriptions, répétant inlassablement les mêmes stratégies, usant toujours des mêmes ficelles pour avancer dans les intrigues.

C’est à ce moment là que j’ai découvert Noblesse Oblige, un jeu en cours de développement (version 0.9.2 à l’époque) propulsé par l’apocalypse. J’ai proposé à mes joueurs de le tester dans le cadre de la campagne. La conversion des personnages a été triviale : un duelliste, un larron, un militaire (remplacé plus tard par un médecin). Seule la carte de relation a posé problème, le groupe de personnages partageant la plus grande partie de leurs relations et objectifs. Une fois les choses posées, nos soirées ont retrouvé du peps. Les joueurs sont rentrés dans leurs rôles à l’aide des manœuvres de leurs leurs livrets et j’avais beaucoup plus d’opportunités pour faire rebondir l’action aux quatre coins du bac à sable. En dehors de quelques coups de mou suite à des traumatismes de mauvais lancer de dés en série, on a pu retrouver et conserver l’activité trépidante des premiers scenarii jusqu’à la fin de la campagne.

Mon avis

Je suis un grand fan de la concision, de la précision et de la jouabilité de ce que propose le Grümph dans Mordiou! (et dans l’ensemble de son œuvre). Je regrette d’autant plus de ne pas avoir réussi à tirer la substantifique moelle de son système pour le conserver tout au long de la campagne. Ça reste néanmoins une valeur sûre pour jouer un one shot sur le pouce tant la proposition de jeu est efficace.

Avec Noblesse Oblige, j’ai découvert les jeux propulsés par l’apocalypse… et je suis tombé dans la marmite. Je pense que ça m’a permis de progresser dans ma façon de préparer et mener mes parties. Je regrette cependant de ne pas avoir pu le faire jouer « by the book » au niveau de la carte relationnelle, histoire de pouvoir impliquer les personnages dans l’intrigue de manière plus cohérente. Le jeu est toujours en développement mais est déjà bien mature, n’hésitez pas à l’essayer si vous souhaitez vous lancer dans une petite campagne centrée sur les personnages.

Au final, quand j’ai préparé le premier scénario, je n’aurais jamais cru que la campagne serait encore active un an plus tard… et je n’aurais jamais cru non plus qu’on serait encore confinés à jouer sur tables virtuelles.

Illustration : Maurice Leloir